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Douleur musculaire ne rime pas nécessairement avec danger!

Douleur musculaire ne rime pas nécessairement avec danger!

par Marie-Andrée Gagnon, étudiante en kinésiologie et stagiaire NeuroMotrix

Il vous est peut-être déjà arrivé de ressentir des douleurs musculaires le lendemain ou le surlendemain d’une activité quelconque. Peut-être était-ce au printemps quand vous avez passé quatre heures à planter des fleurs, cet automne quand vous avez monté puis descendu les escaliers menant belvédère du Mont-Royal ou même lorsque que vous avez repris votre routine d’exercices après une pause de quelques semaines? Bien qu’elle puisse être inconfortable, voire même un peu incommodante, la douleur que vous avez ressentie était sans doute le simple résultat du processus qui survient lorsque les muscles sont sollicités d’une manière inhabituelle.

Sans que vous en preniez conscience, plusieurs mécanismes se mettent en action dans votre corps lorsque vous bougez. Si vous faites une nouvelle activité physique, si vous réalisez un mouvement que vous n’avez pas fait depuis longtemps ou si vous déployez un effort qui dépasse l’intensité à laquelle votre corps est habitué, il est probable que des douleurs musculaires surviennent dans les heures et les jours qui suivent. En effet, à la suite de tels efforts, les fibres qui composent vos muscles subissent des microdéchirures qui sont responsables de la douleur musculaire que vous ressentez. Cet inconfort devrait normalement se dissiper dans les 12 à 48 heures suivant l’activité physique. En soi, ces microdéchirures ne sont pas nocives, au contraire, elles permettent à votre muscle de se développer et ainsi d’augmenter votre force musculaire!

Il est tout de même important de ne pas confondre une douleur musculaire résultant d’un effort plus grand qu’à l’habitude avec une autre forme de douleur qui, elle, pourrait être la manifestation d’une blessure. De façon générale, si vous ressentez de la fatigue ou de la chaleur dans vos muscles pendant un mouvement, vous ne devriez pas vous inquiéter. Par contre, si un mouvement produit une douleur à l’intérieur ou autour d’une articulation (cou, épaule, genou, cheville, etc.), vous devriez réduire la charge, modifier votre mouvement ou cesser l’exercice.

Dans toute activité physique, la clé demeure la progression. Pour en tirer des bénéfices, devenir plus fort, plus endurant, il faut sortir de votre zone confort, repousser ses limites chaque fois, mais juste un peu à la fois. C’est la somme de tous ces petits efforts supplémentaires qui vous permettront de vous améliorer, en toute sécurité. S’il est vrai que ces efforts peuvent mener à certains inconforts, c’est un mal pour un bien, puisque les bénéfices seront plus grands: la force et l’endurance musculaire que vous gagnerez vous permettra de pratiquer plus aisément vos activités de loisirs. Même les activités de tous les jours telles que faire la vaisselle, sortir de la voiture, transporter des sacs et faire le ménage vous paraîtront plus faciles! Plus vous solliciterez vos muscles, plus ils seront en mesure de produire de la force. Vous constaterez alors que vous faites les mouvements avec moins d’effort!

En conclusion, sachez qu’il n’est pas nécessaire de ressentir cette douleur musculaire pour profiter des bienfaits de l’activités physiques, mais que si celle-ci survient, il ne faut pas s’alarmer! Toutefois, si votre douleur est aiguë, si elle vous semble anormale ou que vous avez un doute quelconque, il est important d’en parler à votre professionnel de la santé avant de poursuivre votre entraînement. Et si vous vivez avec une douleur chronique, il faut adopter une approche très progressive. Vous pouvez lire l’article La douleur dans la maladie de Parkinson: comprendre et agir! à ce sujet (il concerne la maladie de Parkinson, mais la même approche s’applique à bien d’autres situations).

Conseils du kinésiologue

  • Si vous ressentez des douleurs musculaires dans les jours qui suivent une activité physique, donnez à votre corps le temps de récupérer, mais n’arrêtez pas de bouger complètement, optez plutôt pour une activité plus légère de type aérobie (marche, vélo, natation).
  • Les effets d’un entraînement ne devrait pas gêner vos activités quotidiennes, si tel est le cas, diminuez l’intensité de l’effort la prochaine fois.
  • Consultez un kinésiologue pour vous assurer de progresser adéquatement dans votre entraînement, il vous aidera à augmenter graduellement la difficulté de l’exercice et les charges utilisées.
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