L’ostéoporose : comprendre cette maladie osseuse silencieuse

Rond pointillé cyan NeuroMotrix
Image d'une densité osseuse saine et une autre avec ostéoporose

L’ostéoporose est une maladie osseuse progressive caractérisée par une diminution de la densité osseuse et une altération de la microarchitecture de l’os. Ces modifications fragilisent le squelette et réduisent sa capacité à tolérer les contraintes mécaniques du quotidien. Le risque de fracture augmente alors de façon significative, parfois à la suite de traumatismes mineurs.

Souvent qualifiée de « maladie silencieuse », l’ostéoporose évolue généralement sans symptômes apparents. Elle ne provoque habituellement pas de douleur, ce qui rend son dépistage difficile et explique pourquoi elle est fréquemment diagnostiquée seulement après la survenue d’une fracture.1

L’ostéoporose en chiffres

Selon Ostéoporose Canada2, plus de 2,3 millions de Canadiens vivent avec l’ostéoporose. La maladie touche davantage les femmes : environ 25 % des femmes âgées de 50 ans et plus sont atteintes. Les hommes sont également concernés, avec une prévalence estimée à 12,5 % dans le même groupe d’âge.

Les fractures les plus fréquentes touchent le fémur (hanche), le radius (avant-bras) et les vertèbres. Chez les personnes de 50 ans et plus, l’ostéoporose est responsable de plus de 80 % des fractures.

Les conséquences fonctionnelles d’une fracture peuvent être majeures. Environ une personne sur deux présente une perte d’autonomie à la suite d’une fracture. L’ampleur de cette perte dépend de plusieurs facteurs, notamment l’état de santé initial, les capacités fonctionnelles, le niveau d’activité physique et la durée de la convalescence.

Les mécanismes du remodelage osseux

L’ostéoporose résulte d’un déséquilibre du remodelage osseux, un processus physiologique par lequel l’os est continuellement renouvelé. Ce mécanisme repose sur une alternance entre destruction et formation osseuse. Lorsque la résorption osseuse dépasse la formation, la masse osseuse diminue progressivement et l’os devient plus fragile.

Le rôle des cellules osseuses

Le remodelage osseux repose sur l’action coordonnée de deux types de cellules.

  • Les ostéoclastes sont responsables de la résorption osseuse. Ils dégradent le tissu osseux afin de libérer des minéraux, notamment le calcium, nécessaires à l’organisme.
  • Les ostéoblastes assurent la formation osseuse en produisant du tissu osseux neuf, qui vient remplacer l’os résorbé.

L’équilibre entre l’activité de ces deux cellules est essentiel au maintien de la solidité et de l’adaptabilité du squelette.

Les fonctions du remodelage osseux

Le remodelage osseux remplit trois fonctions principales.

  • L’adaptation de l’os aux contraintes mécaniques générées par les mouvements et l’activité physique.
  • La réparation des microfractures, limitant l’accumulation de dommages structurels.
  • La régulation du calcium sanguin, le squelette agissant comme un réservoir minéral essentiel au bon fonctionnement de l’organisme.

Les facteurs influençant le remodelage osseux

La résorption osseuse est un processus relativement rapide, s’étalant sur environ deux à trois semaines, alors que la formation osseuse est plus lente et peut nécessiter jusqu’à trois mois. L’équilibre entre ces deux phases dépend fortement du niveau de sollicitation mécanique exercée sur l’os.

En cas de manque de sollicitation mécanique, la résorption osseuse s’accélère. Une période prolongée d’inactivité, comme un alitement après une fracture de la hanche, réduit la stimulation mécanique et favorise une perte rapide de densité osseuse.

À l’inverse, la présence de stress mécanique stimule la formation osseuse. Des activités comme la marche, la course ou l’entraînement en résistance exercent des contraintes bénéfiques sur l’os, freinant la résorption et renforçant sa structure.

L’impact du vieillissement sur la densité osseuse

Avec l’avancée en âge, plusieurs changements physiologiques, notamment hormonaux, influencent la santé osseuse. Bien que l’ostéoporose soit plus souvent associée aux femmes, les hommes peuvent également en être atteints.

Chez la femme : la ménopause

La ménopause, qui survient généralement entre 45 et 55 ans, s’accompagne d’une diminution marquée des œstrogènes, des hormones jouant un rôle clé dans le maintien de la densité osseuse. Cette chute hormonale accélère la perte osseuse et augmente significativement le risque de fractures.3

Chez l’homme : l’andropause

Chez les hommes, la diminution progressive de la testostérone, appelée andropause, influence également le renouvellement osseux. Cette baisse hormonale est associée à une diminution de la densité osseuse, mais aussi à une perte de masse et de force musculaire. Ces changements peuvent limiter la participation à l’activité physique et accentuer la fragilité osseuse (Mohamad et al., 2016 ; Shigehara et al., 2021 ; Tuck & Francis, 2009).456

Bien que les effets de l’andropause soient plus graduels que ceux de la ménopause, les hommes demeurent à risque d’ostéoporose. La diminution de l’activité physique liée au vieillissement contribue également à la détérioration de la santé osseuse, chez les deux sexes.

Quoi retenir

L’ostéoporose est une maladie osseuse progressive dite silencieuse, puisqu’elle évolue sans symptômes apparents. Elle résulte d’un déséquilibre du remodelage osseux, lorsque la résorption de l’os dépasse sa formation.

Le vieillissement et les changements hormonaux jouent un rôle central dans la diminution de la densité osseuse, tant chez les femmes à la ménopause que chez les hommes lors de l’andropause.

La stimulation mécanique par l’activité physique est essentielle au maintien de la santé osseuse : l’inactivité accélère la perte osseuse, alors que le mouvement contribue à la freiner.

L’ostéoporose n’est pas une conséquence inévitable du vieillissement, mais le résultat de processus biologiques influencés par les hormones, le niveau d’activité physique et les habitudes de vie. Mieux comprendre les mécanismes qui sous-tendent cette maladie permet d’agir de façon proactive. Prendre soin de sa santé osseuse à tout âge, notamment en restant physiquement actif, constitue une stratégie clé pour réduire le risque de fractures et préserver l’autonomie à long terme.

  1. Munoz, M., K. Robinson and A. Shibli-Rahhal (2020). « Bone Health and Osteoporosis Prevention and Treatment. » Clin Obstet Gynecol 63(4): 770–787.
    ↩︎
  2. Ostéoporose Canada (2026). https://osteoporose.ca/ (consulté 8 janvier 2026) ↩︎
  3. de Villiers, T. J. (2024). « Bone health and menopause: Osteoporosis prevention and treatment. » Best Pract Res Clin Endocrinol Metab 38(1): 101782. ↩︎
  4. Mohamad, N. V., I. N. Soelaiman and K. Y. Chin (2016). « A concise review of testosterone and bone health. » Clin Interv Aging 11: 1317–1324. ↩︎
  5. Shigehara, K., K. Izumi, Y. Kadono and A. Mizokami (2021). « Testosterone and Bone Health in Men: A Narrative Review. » J Clin Med 10(3). ↩︎
  6. Tuck, S. and R. Francis (2009). « Testosterone, bone and osteoporosis. » Front Horm Res 37: 123–132. ↩︎