Améliorer la santé cognitive par l’activité physique

Rond pointillé cyan NeuroMotrix
heart and brain with arms and legs playing to a basket ball, 3d illustration

Le lien entre l’activité physique et la santé cognitive est aujourd’hui solidement documenté. Avec l’avancée en âge, un certain ralentissement des fonctions cognitives est attendu. Toutefois, ce déclin n’est ni uniforme ni inévitable. Les données montrent que les personnes qui demeurent physiquement actives, tout en sollicitant régulièrement leurs capacités mentales par des activités cognitives, conservent plus longtemps leurs fonctions cérébrales.

Le cerveau et le reste du corps ne fonctionnent pas en silos. Ils sont intimement liés, et ce qui stimule l’un a des répercussions directes sur l’autre.

Des études longitudinales indiquent notamment que les personnes âgées qui pratiquent régulièrement une activité physique aérobie, provoquant un léger essoufflement, présentent un risque réduit de déclin cognitif à moyen terme. Parallèlement, l’engagement soutenu dans des activités cognitives serait associé à une meilleure résilience du cerveau face aux changements liés à l’âge et aux maladies neurodégénératives.1

Le cerveau: un organe complexe

Le cerveau est au cœur du fonctionnement humain. Il est composé de multiples régions interconnectées, chacune jouant un rôle précis, et communique avec l’ensemble du corps par un vaste réseau de neurones.

Il permet notamment de :

  • contrôler les muscles et les mouvements
  • réguler les tissus et les organes
  • traiter les informations sensorielles
  • assurer des fonctions automatiques comme la respiration, la circulation sanguine et la régulation de la température corporelle

Il joue également un rôle central dans la gestion des émotions, de la mémoire, du comportement et des interactions sociales.

Les fonctions cognitives: différentes facettes de la pensée

Les fonctions cognitives regroupent l’ensemble des processus mentaux qui permettent de comprendre, d’apprendre, de s’adapter et d’interagir avec l’environnement. Elles sont indispensables au fonctionnement quotidien.

Elles incluent notamment :

  • l’attention, soit la capacité à se concentrer et à gérer plusieurs tâches
  • la mémoire, sous différentes formes :
    • rétrospective (souvenirs passés)
    • prospective (se souvenir d’une action à venir)
    • procédurale (automatismes, comme faire du vélo)
    • sémantique (connaissances générales)
    • mémoire de travail (traiter et manipuler l’information en temps réel)
  • le langage, tant à l’oral qu’à l’écrit
  • les fonctions visuo-spatiales, essentielles pour s’orienter et percevoir l’espace
  • la vitesse de traitement de l’information
  • les fonctions exécutives, qui permettent de planifier, inhiber les distractions, s’adapter et porter un jugement critique

L’activité physique: un carburant pour le cerveau

Pour fonctionner efficacement, le cerveau a besoin d’un apport constant en oxygène, en glucose et en nutriments, transportés par le sang. L’activité physique augmente le débit sanguin, y compris vers le cerveau, ce qui améliore son fonctionnement global.

Un cerveau mieux irrigué est généralement plus performant.

La recherche suggère également que l’activité physique influence la structure même du cerveau. Certaines régions, comme l’hippocampe, impliqué dans la mémoire, l’inhibition et les fonctions visuo-spatiales, tendent à être plus volumineuses chez les personnes actives, ce qui est associé à de meilleures performances cognitives.2

Bouger, c’est donc entretenir son corps, mais aussi soutenir activement la santé cérébrale. Cela peut prendre plusieurs formes. Les effets de l’activité physique dépendent du type, de la fréquence et de l’intensité de la pratique.

Une étude ayant suivi des femmes âgées pendant huit ans a montré que celles qui marchaient au moins 1,5 km par jour présentaient un risque de déclin cognitif inférieur comparativement à celles qui marchaient moins.3

D’autres travaux se sont intéressés plus spécifiquement à l’activité physique aérobie et aux troubles neurodégénératifs, dont la maladie d’Alzheimer. L’exercice aérobie pratiqué à intensité modérée sur une période prolongée favorise une meilleure perfusion cérébrale et stimule des régions particulièrement vulnérables au vieillissement et à la maladie.4

Entraînement en résistance, équilibre et cerveau

Plus récemment, l’intérêt s’est porté sur l’entraînement en résistance combiné à des défis d’équilibre. Après seulement dix semaines d’entraînement, à raison de deux séances par semaine, des améliorations significatives ont été observées au niveau de la mémoire de travail, de la vitesse de traitement et de l’inhibition des réponses chez des adultes plus âgés.5

Ces effets seraient liés à des mécanismes de neuroplasticité, soit la capacité du cerveau à réorganiser ses connexions, ainsi qu’à une augmentation des neurotrophines, des protéines essentielles à la santé et au fonctionnement des neurones.

En somme, les données sont claires : entraîner son corps, c’est aussi entraîner son cerveau. Qu’il s’agisse d’activité physique aérobie, de renforcement musculaire ou d’exercices sollicitant l’équilibre, chacun de ces modes d’entraînement contribue à la santé cognitive. L’idéal reste une combinaison adaptée, pratiquée de façon régulière et intégrée durablement au quotidien.

  1. Casaletto, K. B., M. A. Renteria, J. Pa, S. E. Tom, A. Harrati, N. M. Armstrong, K. B. Rajan, D. Mungas, S. Walters, J. Kramer and L. B. Zahodne (2020). « Late-Life Physical and Cognitive Activities Independently Contribute to Brain and Cognitive Resilience. » J Alzheimers Dis 74(1): 363–376. ↩︎
  2. Meng, Q., M. S. Lin and I. S. Tzeng (2020). « Relationship Between Exercise and Alzheimer’s Disease: A Narrative Literature Review. » Front Neurosci 14: 131. ↩︎
  3. Yaffe, K., D. Barnes, M. Nevitt, L. Y. Lui and K. Covinsky (2001). « A prospective study of physical activity and cognitive decline in elderly women: women who walk. » Arch Intern Med 161(14): 1703–1708.
    ↩︎
  4. Barnes, J. N. (2015). « Exercise, cognitive function, and aging. » Adv Physiol Educ 39(2): 55–62. ↩︎
  5. Eckardt, N., C. Braun and A. Kibele (2020). « Instability Resistance Training improves Working Memory, Processing Speed and Response Inhibition in Healthy Older Adults: A Double-Blinded Randomised Controlled Trial. » Sci Rep 10(1): 2506. ↩︎