Hospitalisation et déclin fonctionnel : comprendre et prévenir
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L’hospitalisation est souvent indispensable pour traiter un problème de santé, stabiliser une condition médicale ou recevoir des soins spécialisés. Chez les personnes âgées toutefois, un séjour à l’hôpital peut s’accompagner d’un effet secondaire fréquent et encore trop peu reconnu : une diminution des capacités fonctionnelles et de la mobilité, principalement liée à l’inactivité et à l’alitement.
La bonne nouvelle est claire : ce déclin n’est pas inévitable. Des stratégies simples et réalistes permettent, dans bien des cas, de préserver l’autonomie pendant l’hospitalisation et de faciliter le retour à domicile.
Pourquoi l’hospitalisation fragilise
À l’hôpital, une grande partie du temps est passée au lit ou en position assise. Même lorsque la condition médicale permettrait certains déplacements, ceux-ci sont souvent limités. Cette réduction marquée de l’activité favorise le déconditionnement physique, caractérisé par une baisse de la force musculaire, de l’endurance et de l’équilibre.
Chez les personnes âgées, l’impact est amplifié. Les réserves musculaires et fonctionnelles sont parfois déjà diminuées par le vieillissement ou par des maladies chroniques. Ainsi, quelques jours d’hospitalisation peuvent suffire pour entraîner une perte mesurable de capacités musculaires et cardiovasculaires.
Le corps s’adapte rapidement à ce qu’on lui demande… ou à ce qu’on ne lui demande plus. Moins les muscles sont sollicités, plus les capacités diminuent. À l’inverse, même de faibles stimulations régulières peuvent contribuer à limiter ces pertes.1
Les principaux obstacles au mouvement à l’hôpital
Plusieurs facteurs peuvent limiter l’activité physique durant l’hospitalisation :
- la douleur ou l’inconfort liés à la condition médicale ou aux traitements,
- la fatigue associée à la maladie ou aux soins,
- la peur de tomber ou de se blesser,
- la présence d’appareils médicaux (perfusions, moniteurs),
- le manque d’espace, de supervision ou d’encadrement,
- certaines consignes de repos données par prudence, parfois de façon prolongée.
Dans ce contexte, l’accompagnement par un professionnel de l’activité physique adaptée, comme un kinésiologue, peut contribuer à identifier ce qui est permis et sécuritaire, et à soutenir le maintien des capacités fonctionnelles.
La clé : bouger un peu, souvent, et en sécurité
La stratégie la plus efficace demeure la réduction du temps passé immobile. Il n’est pas nécessaire de faire des exercices intensifs. Ce sont plutôt de courtes périodes de mouvement, répétées plusieurs fois par jour, qui permettent de limiter le déconditionnement.
Un essai pilote mené au Québec auprès de personnes âgées hospitalisées a évalué les effets d’un programme d’exercices simple et accessible. Réalisés en chambre, de courte durée et combinés à de la marche, ces exercices ont été bien tolérés et associés à une amélioration de la force globale ainsi qu’à une diminution des soins requis à la sortie de l’hôpital, deux indicateurs étroitement liés au maintien de l’autonomie.2
Exemples de mouvements simples réalisables à l’hôpital
Selon la condition médicale et les consignes de sécurité, certains mouvements peuvent être intégrés au quotidien :
- s’asseoir dans un fauteuil plutôt que de rester couché,
- bouger régulièrement les bras et les jambes en position assise ou au lit,
- se lever avec appui lorsque cela est permis,
- marcher quelques minutes dans la chambre ou le corridor,
- effectuer des assis-debout adaptés,
- se déplacer en fauteuil roulant lorsque la marche est trop difficile.
Lorsque c’est possible, l’avis d’un physiothérapeute ou d’un kinésiologue permet d’adapter ces mouvements de façon sécuritaire. L’équipe soignante peut certainement aussi préciser ce qui est autorisé.
Après l’hospitalisation : poursuivre la récupération
Le retour à domicile représente une étape clé. Même lorsque l’état médical s’améliore, une baisse d’énergie ou une perte de confiance dans les déplacements peut persister. Plusieurs personnes âgées expriment d’ailleurs un besoin d’information sur l’activité physique après une hospitalisation, ce qui souligne l’importance d’un accompagnement à cette étape.3
Reprendre la marche progressivement, maintenir les activités quotidiennes et réintroduire des exercices de base permettent de soutenir la récupération. L’entourage joue aussi un rôle important en encourageant sans pression et en contribuant à sécuriser l’environnement.
L’hospitalisation est parfois nécessaire, mais elle s’accompagne souvent d’une baisse de force et de mobilité liée à l’inactivité. Ce déclin n’est pas une fatalité. Bouger un peu, souvent et de façon sécuritaire, même en petites doses, contribue à préserver l’autonomie pendant l’hospitalisation et à faciliter le retour à domicile.
- Fuchs, C. J. and L. J. C. van Loon (2025). « Muscle preservation during hospitalization: energy balance, protein intake, and habitual physical activity. » Curr Opin Clin Nutr Metab Care 28(6): 439–444. ↩︎
- Peyrusque, E., M. J. Kergoat, A. Filali-Mouhim, N. Veillette, R. Fonseca, M. J. Sirois and M. Aubertin-Leheudre (2025). « Effect of a Pragmatic Exercise Intervention Pilot Study on Preventing Functional and Physical Decline in Hospitalized Older Adults. » Med Sci Sports Exerc 57(7): 1570–1578. ↩︎
- Meesters, J., D. Conijn, H. M. Vermeulen and T. Vliet Vlieland (2019). « Physical activity during hospitalization: Activities and preferences of adults versus older adults. » Physiother Theory Pract 35(10): 975–985. ↩︎