Traumatismes craniocérébraux : comprendre les symptômes et favoriser un retour aux activités

Rond pointillé cyan NeuroMotrix
Traumatismes crâniens personne agée

Un traumatisme craniocérébral (TCC) peut survenir à la suite d’une chute, d’un accident ou d’un impact à la tête. Contrairement à une idée répandue, il ne touche pas uniquement les athlètes ou les sports de contact. Les TCC sont fréquents dans la population générale et peuvent résulter d’une multitude d’incidents du quotidien. Au Québec, les chutes accidentelles représentent la principale cause de TCC, tous âges confondus, tandis que les accidents de la route occupent le deuxième rang1. Chez les personnes de 65 ans et plus hospitalisées après une chute, 11,3 % ont subi un TCC2.

Même lorsqu’il est qualifié de léger, un TCC peut entraîner des symptômes physiques et cognitifs qui perturbent les activités quotidiennes. Mieux comprendre ces manifestations et les principes actuels de prise en charge permet de favoriser un retour progressif aux activités, tout en réduisant le risque de persistance des symptômes.

Types de TCC et symptômes associés

Les traumatismes craniocérébraux sont classés en trois niveaux de sévérité : léger, modéré et grave. Cette classification est établie par un professionnel de la santé à partir de différents critères, notamment la présence de lésions à l’imagerie, la durée d’une perte de conscience, l’altération de l’état mental et l’amnésie post-traumatique.

La commotion cérébrale correspond à un TCC léger. Il s’agit de la forme la plus fréquente. Malgré cette appellation, il ne s’agit pas d’une condition anodine. Sans prise en charge adéquate, certains symptômes peuvent persister et nuire au fonctionnement quotidien.

Les manifestations varient selon la sévérité du traumatisme, la localisation de l’impact, l’état de santé initial et plusieurs autres facteurs.

Symptômes cognitifs

  • Problèmes de mémoire
  • Difficultés de concentration
  • Impression d’être « dans le brouillard »

Symptômes physiques

  • Maux de tête ou sensation de pression dans la tête
  • Étourdissements
  • Problèmes d’équilibre
  • Nausées ou vomissements
  • Fatigue accrue
  • Sensibilité au bruit ou à la lumière
  • Bourdonnements dans les oreilles
  • Vision floue ou trouble

À la suite d’un événement accidentel, il est important de demeurer attentif à l’apparition de ces symptômes et de consulter un médecin.

Reprendre les activités : ce que dit le consensus actuel

Pendant longtemps, le repos complet jusqu’à la disparition des symptômes a été recommandé. Les données actuelles ne soutiennent plus cette approche.

Le consensus international suggère plutôt une reprise graduelle des activités quotidiennes après 24 à 48 heures de repos relatif, selon la tolérance de la personne et les recommandations d’un professionnel de la santé3. L’objectif n’est pas d’éviter toute activité, mais d’en ajuster l’intensité.

La durée des symptômes varie d’une personne à l’autre. Lorsque ceux-ci persistent au-delà de quatre semaines, une référence vers des professionnels spécialisés est recommandée. Cette recommandation s’applique également aux personnes âgées de 65 ans et plus, chez qui la récupération peut être plus lente4.

Même en présence de symptômes persistants depuis plusieurs mois, une prise en charge structurée en activité physique adaptée peut contribuer à réduire l’intensité des symptômes et à améliorer la qualité de vie5.

Principes d’une reprise graduelle

Une reprise efficace repose sur quelques principes simples.

D’abord, débuter par des activités d’intensité légère, comme la marche ou le vélo stationnaire à faible résistance. La progression devrait prioriser l’augmentation de la durée avant celle de l’intensité.

Ensuite, demeurer sous le seuil symptomatique. L’activité ne devrait pas entraîner une augmentation marquée des symptômes. Une légère hausse transitoire peut être tolérée si les symptômes reviennent rapidement à leur niveau de base. Si l’augmentation persiste, il est indiqué de réduire la durée ou l’intensité.

Ces recommandations générales ne remplacent pas une évaluation individualisée.

Prévenir les chutes : la clé pour réduire les TCC

Les chutes constituent la principale cause de traumatismes craniocérébraux dans la population générale, et particulièrement chez les personnes âgées. Agir sur les facteurs de risque de chute représente donc l’intervention la plus concrète pour réduire l’incidence des TCC.

Avec l’avancée en âge, la diminution de la force des membres inférieurs, de la mobilité et du contrôle de l’équilibre augmente le risque d’instabilité. Un entraînement ciblé visant ces composantes permet de réduire significativement le risque de chute.

Qu’il s’agisse de prévenir un premier événement, d’éviter une récidive ou d’optimiser la récupération après un TCC, un accompagnement structuré et individualisé par des professionnels de la santé permet d’agir sur les facteurs modifiables et d’assurer une progression adaptée.

  1. Gagné, M. (2022). Principales causes d’hospitalisation attribuables à un traumatisme non intentionnel au Québec, hommes et femmes confondus. Fichier Med-Écho (2018-2019 à 2020-2021). Bureau d’information et d’études en santé des populations, Institut national de santé publique du Québec. Demande spéciale. ↩︎
  2. Gagné, M., Jean, S., & Beaudoin, C. (2018). Évolution des hospitalisations attribuables aux chutes dans la population âgée de 65 ans et plus au Québec, de 1991 à 2016. ↩︎
  3. Patricios, J. S. et. al (2023). Consensus statement on concussion in sport: the 6th International Conference on Concussion in Sport-Amsterdam, October 2022. Br J Sports Med. England. 57: 695–711. ↩︎
  4. Parachute. (2025). Guide sur les commotions cérébrales chez les adultes de 65 ans et plus. https://parachute.ca/fr/sujet-blessure/commotion-cerebrale/guide-sur-les-commotions-cerebrales-chez-les-adultes-de-65-ans-et-plus/ ↩︎
  5. Mercier, L. J. et. al (2024). « Evaluating a 12-week aerobic exercise intervention in adults with persisting post-concussive symptoms. » Front Neurol 15: 1482266. ↩︎