Adapter son domicile pour réduire le risque de chutes

Rond pointillé cyan NeuroMotrix
Personne agée et adulte plus jeune `la maison

Le domicile est généralement perçu comme un lieu sécurisant. Pourtant, il n’est pas toujours adapté aux changements qui accompagnent l’avancée en âge. Plus de la moitié des chutes entraînant une hospitalisation surviennent directement à la maison.1

La bonne nouvelle est que plusieurs facteurs de risque liés à l’environnement sont modifiables, et que des ajustements simples peuvent réduire significativement le risque de chute. Adapter son environnement constitue donc une première étape essentielle de la prévention.

Pourquoi le risque augmente avec l’âge

Avec le vieillissement, certaines capacités évoluent naturellement : la vision peut être moins précise, l’équilibre plus instable, la vitesse de réaction ralentie et la force musculaire diminuée. À eux seuls, ces changements ne provoquent pas nécessairement de chutes. Toutefois, lorsqu’ils interagissent avec un environnement peu adapté, le risque augmente nettement.2

Les chutes sont rarement attribuables à une seule cause. Elles résultent le plus souvent d’une interaction entre l’état de santé, les comportements et l’environnement.3 Un tapis mal fixé, un éclairage insuffisant ou un objet laissé au sol peuvent devenir problématiques lorsque la vision ou l’équilibre sont moins efficaces.

Risques fréquents à domicile

Certaines zones du domicile sont plus souvent associées aux chutes. Les aires de circulation encombrées, les tapis recourbés, les fils électriques apparents et les objets laissés au sol figurent parmi les risques les plus courants. Un éclairage inadéquat, surtout la nuit ou dans les escaliers, compromet également la détection des obstacles.

La salle de bain représente l’un des environnements les plus à risque. Les surfaces glissantes, l’absence de barres d’appui et les transferts dans la baignoire ou la douche augmentent les risques de déséquilibre. Les escaliers posent aussi un défi lorsqu’ils sont mal éclairés ou dépourvus de rampes solides.

Ces facteurs ont en commun d’être modifiables, ce qui en fait des cibles prioritaires en prévention des chutes.

Des ajustements simples et efficaces

Adapter le domicile ne signifie pas le transformer en profondeur. L’objectif est plutôt de faciliter les déplacements, de réduire les efforts inutiles et d’améliorer la stabilité au quotidien.

Parmi les ajustements les plus efficaces, on retrouve notamment :

  • retirer ou fixer solidement les tapis;
  • dégager les aires de circulation;
  • améliorer l’éclairage, surtout dans les corridors, les escaliers et près du lit;
  • installer des barres d’appui dans la salle de bain;
  • placer les objets fréquemment utilisés à portée de main afin d’éviter de se pencher ou de s’étirer inutilement.

Les données scientifiques montrent que les modifications environnementales réduisent le risque de chute, particulièrement lorsqu’elles sont concrètes et adaptées aux capacités de la personne.4 Leur efficacité est encore plus grande lorsqu’elles tiennent compte des habitudes de vie et sont mises en place avec l’adhésion de la personne concernée.5

Sécuriser sans freiner la mobilité

Un point de vigilance demeure essentiel : adapter son environnement ne doit pas conduire à restreindre ses déplacements ou à réduire ses activités. Limiter volontairement ses sorties ou rester à l’intérieur par crainte de tomber peut sembler rassurant à court terme, mais cette stratégie n’est pas protectrice à long terme.

Les données scientifiques indiquent que les interventions environnementales sont plus efficaces lorsqu’elles soutiennent la mobilité et l’activité, plutôt que lorsqu’elles encouragent l’immobilité.6 De plus, les revues de littérature convergent vers un même constat : le risque de chute diminue davantage lorsque les interventions incluent des exercices adaptés.

La sécurité ne repose donc pas sur l’évitement du mouvement, mais sur un environnement qui favorise l’autonomie, la confiance et l’activité.

Optimiser l’environnement de vie constitue ainsi une première étape clé dans la prévention des chutes. Des ajustements simples et bien ciblés permettent de réduire les risques tout en soutenant l’autonomie et la qualité de vie. Toutefois, pour être pleinement efficace, cette démarche doit s’inscrire dans une approche globale qui inclut aussi le maintien des capacités physiques et la participation active au quotidien.

Pour en savoir plus sur le rôle central de l’activité physique dans la prévention des chutes, notamment pour préserver l’équilibre, la force et la confiance en soi, consultez notre article à ce sujet.

  1. Agence de santé publique du Canada (2022). Rapport de surveillance sur les chutes chez les aînés au Canada. ↩︎
  2. Gagnon C., Lafrance M. (2011) Prévention des chutes auprès des personnes âgées vivant à domicile. Analyse des données scientifiques et recommandations préliminaires à l’élaboration d’un guide de pratique clinique. Institut national de santé publique du Québec, juin 2011. ↩︎
  3. Tricco, A. C., S. M. Thomas, A. A. Veroniki, J. S. Hamid, E. Cogo, L. Strifler, P. A. Khan, R. Robson, K. M. Sibley, H. MacDonald, J. J. Riva, K. Thavorn, C. Wilson, J. Holroyd-Leduc, G. D. Kerr, F. Feldman, S. R. Majumdar, S. B. Jaglal, W. Hui and S. E. Straus (2017). « Comparisons of Interventions for Preventing Falls in Older Adults: A Systematic Review and Meta-analysis. » JAMA 318(17): 1687–1699.
    ↩︎
  4.  Lee, S. H. and S. Yu (2020). « Effectiveness of multifactorial interventions in preventing falls among older adults in the community: A systematic review and meta-analysis. » Int J Nurs Stud 106: 103564. ↩︎
  5. Suen, J., D. Kneale, K. Sutcliffe, W. Kwok, I. D. Cameron, M. Crotty, C. Sherrington and S. Dyer (2023). « Critical features of multifactorial interventions for effective falls reduction in residential aged care: a systematic review, intervention component analysis and qualitative comparative analysis. » Age Ageing 52(11). ↩︎
  6. Tricco, A. C., S. M. Thomas, A. A. Veroniki, J. S. Hamid, E. Cogo, L. Strifler, P. A. Khan, R. Robson, K. M. Sibley, H. MacDonald, J. J. Riva, K. Thavorn, C. Wilson, J. Holroyd-Leduc, G. D. Kerr, F. Feldman, S. R. Majumdar, S. B. Jaglal, W. Hui and S. E. Straus (2017). « Comparisons of Interventions for Preventing Falls in Older Adults: A Systematic Review and Meta-analysis. » JAMA 318(17): 1687–1699. ↩︎