Sclérose en plaques : l’activité physique comme bouclier neurologique
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Comprendre la fragilisation des circuits cérébraux
La sclérose en plaques (SP) est une maladie neurologique caractérisée par une attaque du système immunitaire contre la myéline, cette gaine protectrice essentielle qui agit comme l’isolant des fibres nerveuses pour assurer une transmission rapide des messages entre le cerveau et le corps. Lorsque cette gaine est endommagée, la communication nerveuse se fragilise, ralentissant le passage de l’information et provoquant divers symptômes physiques. Au-delà de l’atteinte à ces voies de communication, la maladie touche également les centres de commande où résident les corps des neurones, un phénomène étroitement lié aux symptômes cognitifs et à la progression du handicap.1 Malgré les dommages causés par le système immunitaire, l’activité physique devient un outil biologique essentiel qui stimule la protection et la réparation des cellules nerveuses.
Recommandations en matière d’activité physique
Pour favoriser ces mécanismes de protection, la Société canadienne de physiologie de l’exercice2 suggère aux personnes atteintes de la SP de pratiquer des activités aérobie et du renforcement musculaire deux fois par semaine. Les recommandations se détaillent comme suit :
- Aérobie : des séances de 30 minutes réalisées à une intensité modérée.
- Renforcement musculaire : des exercices ciblant les membres supérieurs et inférieurs, à raison de 10 à 15 répétitions avec une progression graduelle vers deux séries.
Récupération : les deux types d’activités peuvent être combinés le même jour, mais il est recommandé de laisser au moins une journée de repos entre les entraînements de renforcement musculaire.
Effets neuroprotecteurs de l’activité physique
L’entraînement aérobie et la santé cardiorespiratoire
La pratique régulière d’activités de type aérobie, qui améliore la capacité cardiorespiratoire, semble jouer un rôle de premier plan dans la préservation de l’intégrité du cerveau. Une étude menée par Prakash et ses collègues3 a démontré que les personnes atteintes de SP ayant une meilleure forme cardiorespiratoire présentaient une meilleure conservation des centres de commande (substance grise) et des voies de communication (substance blanche), deux structures pourtant vulnérables à la maladie. En plus de ce rôle protecteur, l’entraînement aérobie agit directement sur la structure et le fonctionnement cérébral. Par exemple, après seulement trois mois d’entraînement, des chercheurs ont observé une augmentation du volume de l’hippocampe, une région du cerveau cruciale pour la mémoire et l’apprentissage.4 Ces bénéfices s’accompagnent d’une meilleure connectivité cérébrale, c’est-à-dire une capacité accrue des différentes zones du cerveau à communiquer efficacement entre elles, favorisant ainsi un meilleur traitement de l’information et des fonctions motrices.
Le renforcement musculaire
Le renforcement musculaire représente une autre stratégie neuroprotectrice majeure. Au-delà du maintien des capacités physiques, ce type d’entraînement semble agir comme un bouclier pour le système nerveux. Des recherches, dont celle de Maroto-Izquierdo et ses collègues5, indiquent qu’un programme de renforcement musculaire à haute intensité peut mener à une diminution de l’inflammation. Plus impressionnant encore, ces travaux ont rapporté une réduction des dommages subis par les axones, ces fibres nerveuses essentielles à la transmission des messages. Ces résultats suggèrent que le renforcement musculaire ne sert pas uniquement à améliorer les capacités physiques, mais qu’il contribue activement à freiner la dégradation des circuits nerveux provoquée par la SP, offrant ainsi une protection structurelle concrète au système nerveux.
Le mouvement comme allié de la santé cérébrale
En somme, l’activité physique s’impose comme une véritable stratégie de protection pour le cerveau des personnes vivant avec la SP. Qu’il s’agisse d’améliorer la capacité cardiorespiratoire par l’entraînement aérobie ou de renforcer les muscles par des exercices de résistance, la science démontre que bouger agit directement sur les mécanismes de la maladie. Une pratique régulière permet non seulement de préserver les centres de commande et les voies de communication du système nerveux, mais aussi de réduire l’inflammation et les dommages aux axones. En favorisant une meilleure connectivité entre les régions cérébrales, l’activité physique soutient des fonctions essentielles comme la mémoire et l’apprentissage, offrant ainsi aux personnes atteintes un levier concret pour freiner l’impact de la maladie sur leur quotidien.
- Lubetzki, C. and B. Stankoff (2014). « Demyelination in multiple sclerosis. » Handb Clin Neurol 122: 89–99. ↩︎
- https://directivesscpe.ca/directives/sclerose-en-plaque/ consulté le 26 mai 2026 ↩︎
- Prakash, R. S., E. M. Snook, R. W. Motl and A. F. Kramer (2010). Aerobic fitness is associated with gray matter volume and white matter integrity in multiple sclerosis. Brain Res. Netherlands. 1341: 41–51. ↩︎
- Leavitt, V. M., C. Cirnigliaro, A. Cohen, A. Farag, M. Brooks, J. M. Wecht, G. R. Wylie, N. D. Chiaravalloti, J. DeLuca and J. F. Sumowski (2014). « Aerobic exercise increases hippocampal volume and improves memory in multiple sclerosis: preliminary findings. » Neurocase 20(6): 695–697. ↩︎
- Maroto-Izquierdo, S., P. Mulero, H. Menendez, J. Pinto-Fraga, S. Lista, A. Santos-Lozano and N. Tellez (2024). Pumping up the Fight against Multiple Sclerosis: The Effects of High-Intensity Resistance Training on Functional Capacity, Muscle Mass, and Axonal Damage. Healthcare (Basel). Switzerland. 12. ↩︎